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DE PARAKOU À LA MARINA : ROMUALD WADAGNI À L’ÉPREUVE DU POUVOIR

octobre 4, 2026 | TATA MEDIA BENIN TV
Un an après son investiture à Parakou et quelques mois après son accession à la Marina, Romuald Wadagni est désormais face à l’épreuve du pouvoir. Élu avec 94,27 % des voix, le chef de l’État a engagé ses premières réformes autour du social, de l’éducation, de la santé, de l’agriculture et du développement territorial. Du retour des bus universitaires à la prise en charge des urgences vitales, en passant par les pôles territoriaux de développement, les premiers signaux sont posés. Reste au président à transformer ces engagements en résultats durables et perceptibles dans le quotidien des Béninois.

Le 4 octobre 2025, au stade municipal de Parakou, les partis de la mouvance présidentielle investissaient Romuald Wadagni pour l’élection présidentielle. Un an plus tard, le candidat est devenu chef de l’État.

Élu dès le premier tour, le 12 avril 2026, face à Paul Hounkpè, Romuald Wadagni a obtenu 94,27 % des suffrages selon les résultats définitifs de la Cour constitutionnelle, avec un taux de participation de 58,75 %. Il a prêté serment le 24 mai.

Ce score est sans appel. Il confère au nouveau président une forte légitimité électorale, mais aussi une obligation de résultats à la hauteur de cette confiance.

Cet anniversaire ne se prête donc plus à la seule célébration d’une promesse politique. Il invite plutôt à regarder le chemin parcouru depuis Parakou, à mesurer les premières décisions prises depuis l’installation à la Marina et, surtout, à s’interroger sur ce que la fonction présidentielle exige désormais de Romuald Wadagni.

Un parcours plutôt qu’une ambition soudaine

Romuald Wadagni n’est pas arrivé en politique par une candidature de circonstance.

Avant son entrée au gouvernement, il avait construit une carrière dans l’audit et le conseil à l’international, jusqu’à devenir associé chez Deloitte.

Nommé ministre de l’Économie et des Finances en 2016, il a été pendant près de dix ans l’un des principaux artisans des réformes conduites sous Patrice Talon : budgets-programmes, mobilisation des recettes, modernisation de l’administration financière et amélioration de la signature du Bénin sur les marchés internationaux.

Cette expérience explique en partie le choix porté sur lui à Parakou. La majorité présidentielle recherchait un profil capable de poursuivre les réformes engagées, tout en donnant une nouvelle orientation à l’action publique.

Mais devenir président de la République ne consiste pas uniquement à prolonger une politique. La fonction impose également de répondre à de nouvelles attentes, notamment dans les domaines social, territorial et économique.

Quatre mois pour donner le ton

Depuis le 24 mai, Romuald Wadagni cherche à conjuguer continuité et rupture.

Il a formé son gouvernement dès le jour de son investiture. L’équipe compte 24 membres, dont environ un tiers issus de l’équipe précédente. Aucun ministre d’État n’a été nommé et un ministère de la Communication a été rétabli.

Le changement se veut également méthodologique.

Le Conseil des ministres, autrefois hebdomadaire, se réunit désormais le premier mercredi de chaque mois. Il est préparé en amont par des conseils de cabinet thématiques.

Dès le premier Conseil des ministres, le 28 mai, le cap était affiché : lutter contre l’extrême pauvreté grâce à un développement davantage régionalisé et renforcer la sécurité nationale.

Le Conseil des ministres du 3 juin a ensuite donné une première traduction concrète à cette orientation avec plusieurs mesures sociales.

La santé : les urgences vitales sans paiement préalable

La première mesure forte concerne la prise en charge des urgences vitales.

Désormais, dans les hôpitaux et centres de santé publics, les patients confrontés à une urgence vitale doivent pouvoir être pris en charge sans paiement préalable.

Un milliard de francs CFA a été débloqué pour constituer les stocks nécessaires de médicaments et de consommables.

La mesure répond à une difficulté régulièrement dénoncée : celle de familles confrontées à une urgence médicale alors qu’elles ne disposent pas immédiatement des moyens financiers nécessaires.

Mais son véritable test sera sa mise en œuvre dans l’ensemble du système sanitaire, notamment dans les hôpitaux de district et les zones éloignées des grands centres urbains.

L’éducation : priorité aux filles

Dans le secteur éducatif, la gratuité de la scolarité a été étendue à toutes les filles du secondaire public dans les 77 communes du pays, à compter de la rentrée scolaire 2026-2027.

Cette décision vise à réduire les obstacles financiers susceptibles de freiner la poursuite des études des jeunes filles.

Elle s’inscrit dans une politique plus large de soutien à l’éducation, renforcée à la rentrée par un plan social d’environ 30 milliards de francs CFA consacré à l’école et à l’université.

Les cantines scolaires doivent ainsi passer de 1,4 à 1,9 million d’écoliers bénéficiaires.

Les bourses universitaires sont revalorisées jusqu’à 49 % selon les filières.

Les restaurants universitaires, les logements et les infirmeries des campus doivent également bénéficier de travaux de réhabilitation.

Le retour des bus universitaires

La mesure la plus visible pour les étudiants reste cependant le retour du transport universitaire.

Suspendu depuis plusieurs années, le dispositif a repris depuis le 21 septembre avec 63 bus neufs desservant les quatre universités publiques.

Une trentaine de lignes réparties dans douze villes, de Natitingou à Porto-Novo, permettent désormais aux étudiants de se déplacer pour 200 francs CFA le trajet.

Au-delà de son aspect pratique, cette décision possède une forte dimension symbolique.

Elle touche directement le quotidien des étudiants et de leurs familles, dans un contexte où les dépenses de transport pèsent lourdement sur les budgets.

L’enjeu sera désormais de maintenir le dispositif dans la durée, d’assurer la régularité des rotations et d’éviter que les difficultés d’exploitation ne viennent affaiblir une mesure qui bénéficie déjà d’une forte visibilité.

Agriculture : soutenir les producteurs

Le secteur agricole n’a pas été oublié.

À compter de la campagne 2026-2027, des subventions sont instituées pour les producteurs de riz, de coton, de soja et de cajou.

L’objectif est de renforcer les filières considérées comme stratégiques pour l’économie nationale et d’améliorer les revenus des producteurs.

Mais, là encore, l’annonce devra être confrontée à la réalité du terrain.

Le véritable indicateur sera la capacité du dispositif à atteindre effectivement les producteurs, notamment les petits exploitants, et à produire des effets mesurables sur leurs revenus, leur productivité et leur capacité à investir.

Un geste envers les commerçants

Le 1er juillet, le gouvernement a également réduit les redevances mensuelles payées par les commerçants des marchés modernes.

Cette mesure s’inscrit dans la volonté affichée de réduire certaines charges qui pèsent directement sur les activités économiques quotidiennes.

Pour les commerçants, la question reste cependant celle du cumul des différentes charges et de la capacité de l’État à créer un environnement réellement favorable à l’activité économique.

Le développement au plus près des territoires

La réforme la plus structurante du nouveau mandat reste toutefois celle des pôles territoriaux de développement.

Le 23 septembre, au palais de la Marina, le chef de l’État a présenté le cadre de mise en œuvre de cette réforme en présence des maires des 77 communes, des douze préfets, du Conseil économique et social, du président de l’Assemblée nationale et de l’ensemble du gouvernement.

Le principe est de répartir le pays en six pôles territoriaux.

Chaque pôle doit disposer de sa propre stratégie de développement, construite autour de ses ressources, de ses savoir-faire et de ses filières économiques.

Les limites de ces pôles ne correspondent pas nécessairement à celles des départements. Des délégués généraux seront chargés de coordonner leur action.

Des feuilles de route territoriales doivent fixer les objectifs et permettre d’évaluer les performances de chaque pôle.

L’ambition est claire : rapprocher davantage la création de richesse des territoires et lutter contre l’extrême pauvreté là où elle se concentre.

Si cette réforme tient ses promesses, elle pourrait constituer l’une des grandes marques du septennat.

Elle donnerait notamment davantage de poids économique à des régions comme l’Atacora, le Borgou ou le Mono, en évitant que l’essentiel de la dynamique économique ne reste concentré autour de Cotonou et du corridor côtier.

tata infos

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